Les Têtes Raides

Les Têtes Raides


« Au premier titre, la chaleur de la voix et la sobriété de la ­guitare nous extraient immédiatement du brouhaha ambiant : les Têtes Raides chantent, et bien, dans la droite ligne d’une tradition littéraire et théâtrale un peu empruntée, façon Rive gauche, qui se contrefout des tendances du moment.

Au deuxième titre, l’insistance de la batterie et le ballet des guitares électriques nous rappellent que le groupe s’est aussi nourri de rock – on perçoit même parfois un cousinage avec Noir ­Désir.

Au troisième titre, on s’arrête, stupéfait : est-ce bien la voix de Jeanne Moreau qui croise celle du chanteur, Christian ­Olivier, dans ce tango joueur ? Oui. Trente et quelques années après son dernier disque, la voici, à 83 ans, qui se ­remet à chanter pour de vrai (et non à ­parler, comme sur l’album de Daho), avec le charme impertinent des vieilles dames jamais assagies.

Il n’en faudrait (presque) pas plus pour nous convaincre que ce onzième opus des Têtes Raides est un bon cru. Et, en l’occurrence, il y a davantage : des textes politiques plus allégoriques que dogmatiques ; des craintes avouées, jamais plaintives ; des accélérations festives… Et un sautillant duo en anglais avec le Britannique Martyn Jacques (des Tiger Lillies), à la voix très haut perchée. Après vingt-cinq ans de musique, les Têtes ont gardé leur parfum de néoguinguette alternative aux rythmes martelés, mais ont aussi su retrouver une fraîcheur poétique, et même une douceur qu’on ne leur connaissait guère.  »

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